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LE MARCHE DU JOUET/ LE SORT DE TOYS'R'US

Le tribunal de commerce d'Evry doit trancher entre trois offres solides.

L'objectif : assurer la continuité de l'activité de la filiale française du géant du jouet dont la maison-mère américaine a fait faillite, dans un secteur en pleine mutation.

Les magasins Toys'R'Us auront bien un nouveau propriétaire pour Noël.

Le tribunal de commerce d'Evry, qui rendra ce lundi après-midi sa décision, a sur la table trois candidats sérieux pour reprendre la filiale française du géant du jouet en redressement judiciaire depuis fin juillet après la faillite en mars dernier du groupe américain et la fermeture des 735 magasins de l'enseigne aux États-Unis.

Pour éviter un tel sort, Toys'R'Us France a préféré se placer en redressement judiciaire en juillet dernier pour sauver ses 1152 salariés répartis dans 53 points de vente.

Parmi les offres de reprises :

la Financière immobilière bordelaise (FIB), déjà choisie pour reprendre le groupe de distribution de jouets Ludendo (La Grande Récré) et qui exploite en franchise 22 grands magasins Galeries Lafayette. Fonds d'investissement spécialisé dans l'immobilier commercial

 

Pierre Mestre, le patron et fondateur de l'enseigne de vêtements pour enfants Orchestra

Il reprendrait 38 des 53 magasins ainsi que 907 des 1152 salariés et propose d'investir 60 millions d'euros pour relancer la chaîne.

Les rayons dédiés aux jouets tripleraient de taille à l'approche de Noël.

 

Le fonds Cyrus Capital, l'un des créanciers de la maison-mère américaine de Toys'R'Us, associé à l'enseigne nordiste Picwic qui compte déjà 25 magasins de jouets en France, répartis dans le nord et l'ouest.

Propose de reprendre 44 magasins Toys'R'Us et 1036 salariés.

Faire venir les familles dans les magasins à travers des animations et des ateliers pour les enfants.

 

Le marché du jouet est en effet frappé par une double concurrence: celle, ancienne, des chaînes d'hypermarchés (un tiers du marché), et celle, plus récente, des géants de l'e-commerce (un cinquième des ventes).

 

Le phénomène touche d'autant plus les enseignes spécialisées que la moitié des ventes annuelles de jouets sont concentrées sur les deux derniers mois de l'année.

 

Période que choisissent justement e-commerçants et hypermarchés pour mener leur offensive commerciale, faisant du jouet un produit d'appel qu'ils acceptent de vendre avec une très faible marge.